Callinectes sapidus
Crabe bleu américain
Impact sur les écosystèmes littoraux et la pêche artisanale
- Espèce américaine arrivée en mer Méditerranée vraisemblablement sous forme de larves dans les eaux de ballast des bateaux.
- Gros crustacé aux pinces et pattes bleues ; on le reconnaît à son comportement agressif et à sa dernière paire de pattes en palettes natatoires.
- Prédateur vorace qui perturbe les écosystèmes locaux et la pêche artisanale ; la remise à l’eau est interdite (espèce exotique envahissante).


Espèce américaine qui est arrivée en mer Méditerranée vraisemblablement sous forme de larves dans les eaux de ballast des bateaux. Prédateur vorace, agressif et opportuniste, il peut perturber les écosystèmes locaux et avoir un impact sur les activités de pêche artisanale. En signalant votre observation, vous participez au suivi de sa présence et à l’amélioration des connaissances sur sa répartition.
Comment le reconnaître ?
C’est un gros crustacé : jusqu’à 23 cm de taille (40 cm d’envergure avec les pinces ouvertes). Très bon nageur, il peut parcourir jusqu’à 15 km par jour en alternant nage et marche.
On le reconnaît à son comportement agressif et à ses pinces et pattes bleues (dont sa dernière paire avec palettes natatoires qui lui permet de nager).
Il faut retourner le crabe bleu sur le dos pour reconnaître le mâle et la femelle. Sur l’abdomen, le mâle mature a le segment sexuel en forme de T inversé et très affilé.
La femelle est facilement reconnaissable à ses pinces rouges. L’abdomen (ventre) est plus large et arrondi avec plusieurs segments.
En cas de manipulation, restez attentifs à ses pinces très blessantes !
Cycle
L’accouplement se fait en eau saumâtre (plutôt proches des embouchures de rivières dans les lagunes, ou des estuaires) et principalement dans les herbiers. La femelle peut pondre jusqu’à 2 millions d’œufs (éponge noire sur son abdomen). Ensuite, elle va initier une migration des eaux saumâtres vers la mer pour relâcher ses larves qui vont éclore directement sur son abdomen et en pleine mer.
Les larves sont planctoniques, transportées par le courant sur plusieurs centaines de km.
Les crabes juvéniles vont migrer vers les milieux lagunaires et dessalés, après plusieurs mues.
Le crabe bleu tolère une grande fenêtre de températures estimée entre 0 et 40 °C et il peut vivre dans des habitats très dessalés à sursalés. Ses capacités à tolérer de larges fenêtres de températures et de salinité lui permettent d’être présent dans divers habitats et de supporter la grande variabilité des lagunes et des phénomènes apparaissant en saison (salinisation des eaux, forte hausse des températures). Ils restent présents en lagune toute l’année mais arrêtent de se nourrir sous 10 °C.
Conséquences sur les écosystèmes littoraux et la pêche artisanale
Prédateur extrêmement agressif, opportuniste et vorace. Il adore les coquillages, les poissons, mais il mange aussi des algues, des grenouilles, des crabes (dont des crabes bleus !) et il va avoir un impact sur tout l’écosystème : leur taille et la force dans leurs pinces leur permettent de déchirer les filets de pêche causant des dommages matériels importants.
Les pêcheurs rencontrent également des difficultés pour récupérer des crabes bleus en bon état afin de les vendre, tout en évitant qu’ils n’endommagent les filets ou ne blessent les autres poissons capturés. La présence du crabe bleu constitue donc un défi à la fois écologique et économique pour les zones où il s’est implanté.
D’une manière générale les céphalopodes (poulpes, seiches, calamars) sont capables de prédater les crabes présents sur nos côtes. Le poulpe reste un prédateur naturel redoutable, qui capture le crabe bleu même à taille adulte, mais il est limité pour exercer une pression sur l’espèce en lagunes compte tenu qu’il vit et se nourrit dans les eaux les plus marinisées ou encore dans les graus. Quant aux poissons prédateurs en lagunes tels que le loup et la dorade, il est possible qu’ils prélèvent le crabe bleu dans ses premiers stades juvéniles vivant sur le fond.
Signalement et accompagnement technique
Un formulaire en ligne proposé par le Conservatoire d’espaces naturels Occitanie permet de transmettre vos observations et d’aider à la surveillance des populations : https://central.sicen.fr/f/244yXKYenzscAMHqXXb0W7TqSlHPTnr?st=Uu137WEj!eGTFwQ7wDMJKr4M9AnbFJ0FgNTDjVwDpFeFsGoVYVcYtMgVqAzRfkSW
Les données d’observation et de capture de cette espèce sont ensuite visualisables sur la carte suivante : https://cenoccitanie.lizmap.com/carto/index.php/view/map?repository=crabebleu&project=crabe_bleu
Réduire les risques de propagation
La remise à l’eau d’un individu pêché est proscrite, en respect du statut de cette espèce exotique envahissante proclamé de niveau 1 depuis mars 2023.

